samedi 1 octobre 2016

Impression : Juste la fin du Monde


(attention pavé, pas de spoil, j'suis pas critique ciné, mais Dolan me fait parler ♥)

Dolan, Dolan.

Chaque film de lui est pour moi une baffe dans la gueule reçue avec plaisir, et chaque baffe m'assomme pendant un p'tit moment.

Quand "Juste la fin du Monde" a été annoncé - et surtout, son casting - j'ai eu peur. Peur que le film chope un côté méga famous avec tout ces acteurs français hyper bankable (rappelons que le casting se compose de Nathalie Baye - Vincent Cassel - Marion Cotillard - Léa Seydoux - Gaspard Ulliel). Peur qu'on perde ce côté si unique que donne le québécois, peur que Dolan nous fasse une pompe à fric et pas un chef d'oeuvre.

J'ai posé mon cul au ciné avec une grande peur d'être déçue, toujours pas remise de Mommy, la probabilité qu'il soit meilleur me semblait faible. J'avais fermé les yeux sur les critiques dispo sur le net pour ne rien me spoiler, ne pas être orientée dans ma vision du film.

Dans les premières secondes, déjà perdue : je ne retrouve pas ce format si cher à Dolan dans ses précédents, avec lequel il avait su jouer, me toucher, m'émouvoir. Mais il a su se rattraper, jouant tour à tour sur les plans hyper serrés qui mettent mal à l'aise, te plonge dans l'histoire et les dialogues en te donnant l'impression de ne pas pouvoir t'en échapper, sur les profondeurs de champ parfaitement maîtrisées au sein d'un même plan séquence, sur les flashback amenés comme la cerise au dessus du gâteau, sur l'ambiance, tour à tour chaud/froid. La BO - merveilleuse et parfaite, passant du Oh Combien fort-bien-choisi "Home is where it hurts" de Camille, à Miss You de Blink182, sans oublier Genesis de Grimes, entre autres.

Les acteurs, qui me faisaient tant peur, se sont révélés.

Gaspar Ulliel, en Louis fatigué et malade, incroyable de fragilité et d'émotions, avec pourtant assez peu de dialogue, passe par le langage corporel pour nous toucher avec l'histoire de son personnage. Marion Cotillard, que je ne porte pas particulièrement dans mon coeur (sauf dans Jeux d'Enfants ♥), s'est étonnement démenée pour donner au personnage de Catherine toute la douceur qu'elle nécessitait, toute cette fragilité de femme passive qu'elle incarne à la perfection tout le long du film, comme un écho au personnage principal. Nathalie Baye en mère à moitié barrée, excessive, pleine de "trop", trop maquillée, trop colorée, lookée comme une épave des 80's, mais émouvante dans ce rôle de mère larguée par l'affaire. Mention spéciale à Vincent Cassel, le frère bourru, qui a bien failli me faire verser ma larme dans son pamphlet final, où il révèle toute la puissance de son personnage (et de son jeu d'acteur, du coup), te donnant envie de le prendre dans tes bras alors qu'il est imbuvable depuis le début. (On passera sur Seydoux qui m'a touchée autant qu'une moule sur son rocher, et qui pour moi n'a pas su donner à son rôle la dimension qu'il aurait mérité.)

Les dialogues (adaptés du théatre) traduisent à merveille à quel point les personnages sont handicapé de la communication, pivot du film. Quant à l'histoire en elle même, elle décontenance, d'où mon premier avis partagé, "je ne sais pas si j'ai aimé". Tout en sous entendu et en non dits, mais c'est ce qui en fait un film horriblement unique et incroyable. Sur l'échelle de Mommy, il est juste un peu en dessous, (classement tout à fait personnel) pas moins bien mais différent, et Mommy forever dans mon coeur, du coup, dur à égaler.

A bientôt Dolan, pour la prochaine baffe. 

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